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 ANCESTRAL

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Ozak
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MessageSujet: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:27

Ancestral a écrit:


Voici ma première histoire relatant vraiment de la réalité, sans science-fiction ni fantasie (enfin preque pas).

Elle parlera, globalement, d'une école très spéciale d'Arts Martiaux !

Je vous laisse découvrir les cinq premiers chapitres de cette histoire que j'ai nommée ANCESTRAL.

(je l'écris à partir d'une trame de 2 lignes et assez rapidement, de cette manière je reste concentré sur mes autres projets parallèles, et ils sont nombreux.)


EDIT : Ma soeur qui ne partage pas mes goûts littéraires (à savoir principalement SF ainsi que la HF, différente de la sienne) a bien voulu lire ANCESTRAL, chapitre 1 et 2 (je pensais que comme ça ressemblait à la vie ordinaire et un peu à l'atmosphère des Harry Potter, elle voudrait bien lire). Et elle m'a dit que ça lui plaisait beaucoup ce qui m'a fait très plaisir ! Elle est pressée de lire la suite et est avide de connaître l'évolution de mes personnages, surtout l'évolution sentimentale.

Je dois avouer que c'est, venant d'elle, un beau compliment qui m'encourage vraiment pour la suite d'ANCESTRAL !


Dernière édition par Odi-Zan le Sam 23 Déc - 6:41, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:28

CHAPITRE PREMIER
UN NOUVEAU DÉPART


Il était tout juste 7h00 du matin lorsque la chaîne Hi-fi résonna dans la pièce, propageant des décibels contre chacun des murs. Il ne fallut pas longtemps au garçon pour se redresser, comme l’aurait probablement fait un mort à qui on aurait fait écouter, imprévisiblement, un titre de AC-DC. C’était pourtant bien connu, le Hard Rock a toujours été fait pour les vivants quand les Requiems étaient destinés aux autres. Les roupilleurs avaient certainement déjà apprécié assez de variétés de leur vivant, pas besoin d’ajouter une nouvelle dose. Quoi que… Ceux qui n’avaient pas eu la chance de connaître ce groupe mythique pourraient ainsi en avoir l’occasion. Mais arrêtons de parler de fiestas au cimetière, notre cher ami n’est pas inerte, bien qu’on l’aurait volontiers rapproché en tant que tel dans son état de divine léthargie. Il aurait certainement préféré une gentille berceuse pour le réveiller mais, malheureusement pour lui, il fut propulsé hors du lit par un solo de guitare. En temps normal il l’aurait savouré mais les circonstances actuelles firent qu’il considérait ce son avec amertume.

Le garçon sauta du lit et s’enfonça un stylo dans le pied – pas par la pointe, naturellement. Comme quoi, ranger sa chambre évitait bien des problèmes. Cependant, dans son élan, cette soudaine confrontation avec le stylo-bille ne l’empêcha pas du tout d’enfoncer le bouton OFF de sa chaîne Hi-fi, ses oreilles embrasées. Dignement, il se redressa et ouvrit la porte de sa chambre. La lumière du couloir additionna une nouvelle couche de douleur puisqu’il prit en pleine face 75 Watts. Comme si utiliser une ampoule fluorescente n’était pas une meilleure idée qualité-prix !
— Etienne ! Ton café est prêt ! lui lança sa mère depuis la salle de bain.
Ce dernier marmonna quelque chose d’incompréhensible avant d’entrer dans la cuisine.
Machinalement il s’assit sur la chaise avant de se rendre compte qu’il devait prendre son bol et y verser son café. Les yeux à moitié fermés, il se releva et s’approcha du buffet sur lequel ronflait la cafetière. Il agrippa la poignée du récipient et versa le liquide noir et fumant au fond du bol.
Bien qu’il en avait largement besoin, il ne prit pas un café « noir » mais versa du lait, en plus de la boisson chaude, qu’il trouva dans le frigo. Il n’avait pas réfléchit une seconde et faisait ça comme un automate, tellement c’était une habitude. Café chaud plus lait froid avait toujours été égal à café au lait tiède. Cela lui suffisait.

Une fois les fesses sur sa chaise, face à la table de la cuisine, et son bol à la main, il prit une madeleine dans un sachet laissé ouvert. Le petit-déjeuner terminé, il semblait déjà un peu plus réveillé. Il alla dans la salle de bain et commença de se brosser les dents. Quant à sa coiffure, vu la bonne touffe qu’il avait, mieux valait ne pas se risquer à la peigner ou y mettre du gel. Peu après il s’habilla et regagna sa chambre, cette fois-ci bien plus lucide.
C’est alors qu’il s’en rappela. Ce jour-ci n’était pas un jour comme les autres, c’était la rentrée des classes. Et une rentrée bien différente puisqu’il avait passé le brevet des collèges l’année précédente et qu’il lui fallait désormais rejoindre une école d’enseignement supérieur à savoir le lycée.
Néanmoins, ce qu’il désirait n’était pas très fréquent.

Etienne était un garçon d’une quinzaine d’année, assez sûr de lui et toujours harmonieux. Il aimait beaucoup de chose mais ce qu’il voulait devenir par-dessus tout, au-delà du salaire, était de percer dans les Arts Martiaux. Ainsi il dû faire des recherches sur un lycée général où l’art martial était une grosse part de l’enseignement.
Depuis tout petit Etienne avait été séduit par ces hommes – et femmes – en kimono éclatant, effectuant des mouvements et combats impressionnants. Très tôt il fit du Karaté dans un club puis de l’Aïkido, tout ceci en dehors de l’école. Mais il était conscient que le lycée était un stade supérieur au niveau scolaire et il voulait absolument le réussir le plus possible. Il lui semblait alors évident qu’il n’aurait plus vraiment la place pour le sport dans ces journées, c’est pourquoi il chercha une école inculquant les deux. Ainsi il trouva une institution, pas trop loin de chez lui, dans un village perdu dans les Alpes. Habitant la périphérie de Lyon, il lui faudrait peu de temps en train, d’après lui, pour faire le trajet Lyon-École. Mais ce n’était pas non plus la porte à côté.

Ses parents avaient acceptés le fait de faire entrer leur fils en école d’Arts Martiaux à condition qu’il soit interne. De toute manière, suivant les dires des responsables de l’école, il n’y avait que très peu d’externes, étant donné que le chemin pédestre pour rejoindre les bâtiments scolaires n’était pas évident. Ce ne fut, cependant, non sans aucun regret que les parents d’Etienne lui proposèrent l’internat.
Contrairement à toutes les écoles, celle-ci fixait sa rentré à environ 14h00. Ce qui laissait à Etienne le temps de préparer sa valise qui, certainement, ne rivaliserait pas avec une plume, loin de là.

— Pense à prendre des slips et chaussettes. Les enfants ont tendance à oublier ce genre de chose, lui indiqua sa mère, par l’embrasure de la porte de sa chambre.
— Comme si j’avais l’intention de me balader cul nu ! bougonna le jeune garçon.
Un quart d’heure entier semblait s’être écoulé quand Etienne referma sa lourde valise.
Il se pressa dans le couloir, pour se préparer à charger sa valise dans le coffre de la voiture quand sa mère intervint de nouveau.
— Tu as pensé à…, commença t-elle.
— Oui j’ai mes caleçons ! … Maman, ronchonna t-il.
— …Ton kimono de rechange, termina sa mère.
— Ah… !
Etienne se sentit un peu bêta. Finalement, il mit ses bagages dans le coffre.

Maintenant que tout avait été embarqué, Etienne se tourna vers sa maison. Il allait devoir l’abandonner, alors qu’il n’y était resté pas loin de quinze ans.
— Dis-lui au revoir parce que tu ne la reverras pas de sitôt.
Après un dernier regard, Etienne entra dans la voiture de sa mère et referma la portière. Le contact fut activé dès lors que sa mère tourna la clé. La voiture quitta la villa.

L’aguille du quai affichait 11h01, autant de précision qu’un œil de quinze ans pouvait encore discerné aisément. La gare était bondée mais l’embarcadère du train Alpes’Discovery n’était pas les Champs Elysées. Théoriquement le départ était prévu pour 11h05 ce qui laissait à Thibault le temps de grimper dans le TGV le plus vite possible. Sa malle à la main, il se précipita vers le quai d’appontement. Les portes étaient encore ouvertes et il devait rester beaucoup de places. Autant choisir la plus agréable, pas trop près de la foule.
Thibault détestait être noyé parmi trop de gens, mais il préférait cela à être posté devant une fille ou des jeunes sociables. Il avait toujours eu la fâcheuse tendance à rougir dans de pareilles situations. Lui il préférait, bien qu’on ne lui ai pas vraiment laissé le choix, la solitude, la réserve. C’était un garçon assez prudent, il ne faisait jamais une chose sans en connaître vraiment les risques… sauf une peut-être, mais il ne pouvait pas encore savoir.
D’une taille moyenne, on ne pouvait pas bien le distinguer parmi la foule de la Gare de Perrache. Même ses lunettes ne permettaient pas de l’apercevoir de loin. Choisies pour être assez discrètes, aux verres rectangulaires et à la monture noire jade assortie à ses courts cheveux bruns, elles lui convenaient parfaitement, surtout à sa personnalité.

Le jeune Thibault se pressait sur le quai et allait embarquer quand il rentra dans quelque chose. Les fesses parterre il venait de se rendre compte qu’il avait foncé droit dans un contrôleur de la SNCF.
— Et alors ? Où croyais-tu aller comme cela ?
— Euh… Je suis vraiment désolé, répondit maladroitement Thibault.
Et c’était le cas, il se sentait mal à l’aise.
— Mais non, je ne parlais pas de ça. Tu voulais entrer sans donner ton ticket. C’est vrai que le train n’est pas très populaire mais pas au point d’être gratuit petit, indiqua le contrôleur. Ton ticket contre une entrée ou bien tu fais demi-tour, poursuivit-il.
Thibault se releva et fouilla dans sa poche à la recherche du ticket de train. Il le sortit finalement et le donna au contrôleur.
Ce dernier le salua en gage de remerciement. Thibault aurait juré voir un kimono sous sa veste de fonctionnaire SNCF. Croisant son regard intrigué, le contrôleur lui répondit par un sourire.
Thibault se précipita à l’intérieur du train. Il se sentait vraiment seul face à l’inconnu, désormais. Il venait de quitter son Orphelinat pour devenir interne dans un nouvel établissement.
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:28

CHAPITRE 2
ALPES’DISCOVERY


Si certains pensaient que voyager en TGV avait tout d’un grand luxe c’est qu’ils n’avaient jamais voyagé dans ce train-là. Le TGV de la ligne Alpes’Discovery était miteux en tout point. On se surprenait même à espérer de ne pas être dans le train qui allait dérailler. Néanmoins, il avait le privilège de ne pas être bondé, bien au contraire. À croire que cette ligne était maudite.
Les parois du TGV, si tel était son véritable nom, avaient une peinture grisâtre écaillée et les portes des compartiments coulissaient toutes seules. C’était d’ailleurs, quelque part, un avantage pour ceux qui avaient à porter leur valise avec eux.
Ce fut le cas pour l’un d’eux : un certain Antoine. Avançant d’un pas assuré vers une cabine idéale, traînant sa grosse valise à roulette derrière lui. Vêtu d’un kimono blanc éblouissant – brodé des lettres A-N-T-O-I-N-E en noir, côté cœur – par-dessus un simple tee-shirt noir, il se posa finalement sur un siège en décomposition dans une cabine pouvant héberger une pauvre valise pleine à craquer… d’ailleurs elle avait un peu craqué sur les bords.
— Bah merde, ça c’est du voyage !
Assez grand, des cheveux coupés courts, châtains, des yeux d’un noisette quelconque et un visage assez fin malgré des joues pleines, Antoine figurait parmi les adolescents ordinaires. Quelques grains de beautés lui perlaient le front et les joues sans pour autant ressembler à des tâches de rousseurs. Mais ce n’était pas ce dernier détail qui le dérangeait vraiment et lui faisait perdre son enthousiasme naturel et sa curiosité des choses qui l’entourent. Étrangement, comme pour respecter ce dernier trait de sa personnalité il se leva de son siège et mit la tête dans le couloir.

C’est alors qu’il vit un garçon qui devait avoir à peu près son âge, courir dans le couloir. Lorsqu’il aperçu Antoine le type s’arrêta, visiblement perplexe.
— Salut, lança joyeusement Antoine.
— Euh, salut, répondit poliment le garçon.
— Tu n’as pas encore de compartiment ?
Le garçon désigna sa valise.
— Non, je traîne ma valise depuis deux minutes.
— Tu peux partager la mienne s’tu veux, proposa Antoine.
Le garçon hocha la tête puis entra dans la cabine. Il posa sa malle à côté de son siège et regarda Antoine à travers ses verres rectangulaires.
— Moi c’est Antoine, et toi ?
— Thibault.
Aucun d’eux ne dit plus rien, comme si les ados n’avaient décidément rien à se dire. Pas même pour parler du dernier jeu de PlayStation. C’est pour rompre le silence désagréable qu’Antoine questionna Thibault.
— Pourquoi courrais-tu comme ça ?
Thibault retira son regard de sa malle pour l’attarder sur son camarade de cabine.
— Ben en fait, j’ai été poursuivis par une espèce de …chose, commença t-il.
Soudain un cri retentit dans le couloir.

Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhh

Une voix de fille, incontestablement.
Antoine et Thibault se regardèrent puis Antoine se leva de son siège afin de jeter un coup d’œil curieux dans le couloir. Thibault l’imita.

Une fille, assez jeune, environ quinze ans, était adossée contre un mur alors qu’un animal poilu lui léchait les chevilles.
Saleté de chien, pensa t-elle.
Oui, pourquoi pas. C’est vrai que ça ressemblait à un chien sauf qu’on en discernait mal la tête.
Elle osait à peine bouger sa jambe tellement elle trouvait le chien effrayant.
Sa valise et son sac-à-main à bout de bras, elle ne savait pas quoi faire. Les filles, quoique généralement moins musclées qu’un garçon, avaient l’étrange habitude de porter plus de choses que ces derniers. Pendant une seconde elle regretta d’être montée dans ce train, bien que les Arts Martiaux aient toujours été sa « vocation », pouvant désormais les pratiquer entièrement.
Soudain, un garçon ouvrit une porte d’un compartiment, forcément attiré par le cri désespéré.
Sa chevelure blonde en bataille suivait à la perfection ses yeux vert clair. D’une carrure mi-imposante, le garçon s’approcha du chien.
— Allez, casse toi sale clébard ! dit-il à l’encontre du chien – comme de bien entendu.
Le chien se tourna vers lui, inclina la tête puis partit d’un pas certain. Le détenteur de la formidable touffe de cheveux blonds était presque aussi étonné par la réaction du chien que l’eut été sa victime, celle qui avait crié.
— C’est ton chien ? demanda la fille au cheveu châtain sombre.
— Ben non pourtant, affirma Etienne, toujours intrigué.
La jeune fille constatait les dégâts causés par les léchouilles du chien.
— Ça va ? demanda finalement le blond à son interlocutrice.
— Ouais, ch’uis pas encore morte, mais je savais pas qu’on acceptait les chiens dans les trains, dit-elle.
Antoine arriva devant eux et, avant qu’Etienne ne réponde, il exposa son point de vue.
— C’est parce qu’on est pas dans un train normal, proposa t-il.
Etienne avait tout de suite comprit de quoi il parlait c’est pourquoi il laissa échapper un petit rire amical.
La fille sourie également.
— Moi c’est Antoine, et vous ? demanda t-il pour changer de sujet et faire connaissance.
— Etienne.
Antoine et Etienne se serrèrent la main et regardèrent la fille. Cette dernière fit de même avec ses somptueux yeux émeraude.
— Ambre.
Ce n’était pas un garçon, donc il était impensable à Antoine et Etienne de lui serrer la main, mais en même temps, lui faire la bise était une chose incertaine à cet instant précis. Ils hésitèrent puis sourirent, et ils s’en contentèrent. Seul Antoine dit :
— Salut.
Inutile de préciser que cela n’avait absolument aucun rapport dans le contexte immédiat. Mais tous se comprirent, entre adolescents.
Finalement Antoine reprit de nouveau la parole.
— Lui, c’est Thibault, dit-il en désignant le gringalet aux lunettes, devant sa cabine.
Thibault, mit dans une situation qu’il jugeait de « critique », leur fit toutefois un signe de la main.
Ils allèrent tous à sa rencontre, quittant ainsi le secteur du wagon qui constituait une sorte de couloir. Après avoir récupéré sa valise, Etienne se joignit aux autres et s’assit en face de Thibault et donc, sur le siège adjacent à celui d’Antoine.
Ils avaient eu de la chance d’avoir trouvé un si grand compartiment vide malgré le nombre, probablement important, de passagers. Apparemment, ils étaient les derniers à être entrés dans le TGV d’Alpes’Discovery, et occupaient le troisième wagon. Mais, alors qu’Etienne exposait un point de vue très intéressant sur les origines du Karaté, Antoine se rappela qu’il avait oublié sa coupe de Championnat Junior de Taekwondo dans son sac à protections.
 — Vous ne sauriez pas si on peut récupérer nos équipements, j’ai laissé un truc important dans mon sac de sport ? demanda t-il alors.
Ambre et Etienne se tournèrent vers lui, interrompant momentanément leur petit débat.
 — D’après la documentation, il nous est demandé de poser nos bagages dans le compartiment prévu à cet effet juste à l’entrée du train, puis on les récupère lorsqu’on sera à l’école, répondit Ambre, visiblement instruite sur le sujet.
Etienne se rappela alors avoir déposé son sac dans un grand bac qu’il soupçonnait dissimuler un tapis roulant et Thibault, contrairement aux autres, n’avait pas eu à emmener de sac de sport parce que sa discipline n’avait jamais été aussi physique que les Art Martiaux comme le Judo ou le Karaté.
 — Ils ont peur qu’on tue quelqu’un ? s’enquit le jeune homme aux cheveux bruns.
Etienne ricana et vit qu’Ambre souriait jusqu’aux oreilles. Pourtant, Antoine semblait sincère.
 — Qu’est-ce qu’ils veulent qu’on fasse avec nos accessoires, ils sont débiles ! poursuivit-il, sur le même ton.
Etienne fouilla dans son sac à la recherche d’équipements sportifs quand il se rendit vite compte qu’il avait suivit scrupuleusement les consignes de préparation de bagages fournies par l’Académie des Arts Martiaux. Seuls étaient autorisés les kimonos ou autres vestes et pantalons, à entrer dans la valise vestimentaire que l’élève emmenait avec lui dans sa cabine. Cependant, Etienne reconnut que de simples gants en mousse ne risquaient pas de blesser davantage qu’un kimono en coton. Malgré cela, la saisie des sacs de sports ne le tracassait pas plus que ça. Et Ambre semblait être dans la même situation que lui. Quant à Thibault, sans avoir amené ce genre d’effets, ne pouvait émettre de jugement.
 — Je me demande quand même…, commença Antoine, toujours perplexe.
 — Tu n’as pas mis ce que tu cherches désespérément dans ton sac d’effets personnels ? demanda la jeune fille, à la fois amusée par l’état horrifié de son nouveau camarade et aussi intriguée par l’importance qu’il lui donnait.
Elle avait raison. Le lycée qu’ils s’apprêtaient de rejoindre conseillait vivement de séparer les bagages en trois malles distinctes. Une devait être consacrée au domaine vestimentaire, une autre aux équipements sportifs quant à la dernière, l’élève pouvait tout à fait s’équiper d’un sac à dos contenant ce qui comptait le plus pour lui… comme les téléphones portables.
Etienne se leva et regarda dans le couloir.
 — Si ça te dis, on a qu’à rejoindre l’entrée du wagon ; histoire que tu récupères ton truc, proposa t-il, simplement.
 — C’est pas de refus, répondit-il.
Il se tourna vers Ambre et Thibault.
 — Vous venez aussi faire un tour ?
Ambre, qui était à côté de Thibault, regarda les deux garçons à tour de rôle.
 — Euh, non, non. Vas-y Thibault ! Il faut que quelqu’un reste pour surveiller les valises, dit-elle.
Antoine et Etienne hochèrent la tête et s’apprêtèrent à rejoindre le couloir avec Thibault lorsque ce dernier s’adressa à eux, un peu maladroitement.
 — Tu peux y aller Ambre, de toute manière j’ai pas de sac de sport à retrouver.
Ambre fronça les sourcils puis se leva de son siège.
 — Comme tu voudras, dit-elle avec un sourire charmeur.
Elle suivit les autres dans l’allée menant à l’entrée principale du train, après avoir lancé :
 — À tout à l’heure Thibault !
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:29

CHAPITRE 3
LE DEVENIR DES PROTÈGES-DENTS



La porte automatique du couloir coulissa, dévoilant alors un nouveau compartiment leur faisant face. Il n’y avait pas loin d’une trentaine de personnes, et tous semblaient à peu près du même âge que le quatuor des nouveaux amis. Étrange. D’ailleurs, ce quatuor n’était, à présent, plus qu’un trio puisque Thibault s’était dévoué à veiller sur les précieuses valises. Ambre remarqua qu’il était étrange de partir à l’« aventure » avec de tous nouveaux camarades. Cela lui arracha un petit sourire en coin. Lorsqu’on partait, sans ses amis, pour une école lointaine, on se sentait toujours très proche de personnes du même âge surtout lorsqu’il y avait discussion amicale. Ce qui fut le cas entre Antoine, Etienne, Ambre et Thibault.
Les trois amis passèrent dans l’allée séparant la partie des sièges situés à gauche de ceux situés à droite. Puis ils ouvrirent, involontairement, la porte du dernier, ou plutôt premier, compartiment (ou premier wagon passager). Là encore, un nombre impressionnant de personnes occupaient les places assises.
 — Pas étonnant qu’on ait dû rejoindre le troisième wagon, fit observer Antoine, alors qu’ils marchaient entre les sièges passagers.
Les autres acquiescèrent.
Quant ils arrivèrent enfin dans le hall principal, Antoine plongea dans le bac à sac. Il en ressortit les mains vides.
 — Impossible ! Il a disparu ! On me l’a volé ! s’écria t-il, totalement terrifié.
Etienne regarda à son tour dans le casier et ne vit rien.
 — Je pense que c’est normal. Ils doivent avoir un système qui amène tous les sacs dans un grand coffre parce que sinon, tous les sacs n’auraient pas pu entrer là-dedans !
Antoine le regarda tout en se frottant le menton.
Il se mit à réfléchir à la vitesse de la lumière quand il se rendit compte qu’il ne trouvait aucune explication.
 — On n’a qu’à se faufiler dans le conduit, suggéra Ambre.
Etienne et Antoine la regardèrent avec de grands yeux.
 — Tu veux dire passer par le tapis roulant ? s’interrogea Etienne.
 — Entrer dans le casier ? continua Antoine, déconcerté.
Ambre haussa les épaules.
 — Au moins je cherche une solution, admit-elle.
Antoine inséra un pied dans le compartiment à sac de sport.
 — Nous sommes bien allé dans le troisième wagon ? annonça Etienne.
 — Bien sûr, dit alors la jeune fille.
Il hocha la tête.
 — Tous les autres étaient pleins, et le troisième était vide, or il reste tous les autres wagons. A quoi peuvent-ils servir ?
Antoine retira son pied du casier, conscient qu’il n’était en rien contorsionniste, et s’intéressa au questionnement d’Etienne.
 — Ben si le train n’est pas très populaire aujourd’hui…, fit-il remarquer.
 — Ouais mais quand même, il vient de Lyon. En général les wagons respectent leur remplissage.
Ambre plissa les yeux.
 — Si ça se trouve, quelque chose amène les bagages jusqu’aux derniers wagons du TGV !
Les trois camarades se regardèrent puis ils s’empressèrent de regagner le wagon n°3, passant devant les passagers du premier et deuxième compartiment.

Quant ils débouchèrent sur leur cabine, ils virent Thibault assis en tailleur sur son siège, les mains sur les genoux et les yeux fermés. Quand il vit ses camarades arriver il reposa ses pieds au sol et rougit plus vite qu’un volcan en éruption.
 — Qu’est-ce que tu faisais ? demanda Antoine.
Thibault croisa ses mains, maladroitement, avant de se tourner vers lui.
 — Oh, euh… Rien ! Vous avez trouvé vos sacs ?
 — Non, mais nous soupçonnons les derniers wagons de les contenir, exposa hardiment Ambre, debout sur la pointe des pieds, se donnant un air supérieur.
 — Ah, fit simplement Thibault.
Etienne regarda autour de lui et conclut que rien de s’était passé par ici.
 — Viens avec nous cette fois, nos bagages risquent rien !
Thibault ne pu refuser et se joignit au groupe d’expédition.
Ils gagnèrent le fond de la cabine et regardèrent par la petite vitre. Il y avait un espace entre leur wagon et le prochain.
Ils ouvrirent manuellement, cette fois-ci, la porte coulissante et plongèrent contre la vitre du wagon n°4, joues écrasées.
 — Écartez-vous, lança Antoine. Je veux voir !
Dans ce wagon, il n’y avait rien, aucun siège. Rien, donc, mis à part une soixantaine de sacs de sports.
 — Alléluia ! cria Antoine.
Il entra dans le compartiment, suivit des trois autres.
Le jeune garçon repéra rapidement son sac, et s’approcha de lui.
Pendant ce temps, Etienne, Ambre et Thibault contemplèrent les autres. Ils étaient vides, tous vidés ! Ils eurent confirmation de ce qu’ils craignaient lorsqu’Antoine hurla à plein poumon.
 — Ils ont tout volé ! s’égosilla t-il.
Etienne se pencha sur son sac et fit la même conclusion. Toutes ses protections avaient disparues !
Ils cessèrent cependant de pleurnicher lorsqu’ils entendirent la porte du cinquième wagon s’ouvrir.
 — Les voleurs, murmura Ambre.
Les quatre camarades plongèrent sous le tas de sacs et attendirent.
Deux jeunes types entrèrent dans leur compartiment et jetèrent un œil aux sacoches. Un d’eux se pencha sur un bagage bleu à trois bandes blanches et en retira un protège-dents et deux gants rouges. Il partit avec son équipier en direction du wagon n°5. Les quatre amis purent simplement voir qu’ils portaient une sorte de longue veste brodée d’un sigle inconnu.
 — Maintenant, c’est sûr, ils ont tout volé ! observa, à mi-voix, Antoine.
Thibault regardaient ses camarades un à un, sans rien dire. C’étaient eux qui l’avaient attiré dans cette affaire.

Lorsque plusieurs minutes semblèrent s’être écoulées, les quatre amis sortirent de sous leur camouflage.
 — On ne peut pas rester sans rien faire, leur dit Ambre.
Mais Antoine était bien plus préoccupé par le fait d’avoir perdu sa coupe de Championnat.
Ambre et Etienne s’approchèrent de la porte du dernier compartiment. Ils ouvrirent la porte et disparurent derrière.
Thibault, qui se retrouvait seul avec Antoine, fit un pas devant lui.
 — Je vais avec les autres, euh, tu restes là ?
Antoine releva la tête, se sentant ridicule.
 — J’arrive !
Il se releva et suivit Thibault qui partait à la recherche des deux autres.
La porte coulissa dans un couinement atroce et Ambre et Etienne leur réprimèrent un regard de reproche.
Ils contemplaient en silence les occupants du wagon n°5, avec un mélange d’étonnement, de fascination et de peur. Ils restèrent là, devant les types en kimono. Oui, une vingtaine de personnes portaient de longues vestes blanches traditionnelles et s’affairaient à des tâches pour le moins inattendues. Certains portaient des gants et cognaient contre des sacs de frappes suspendus par des chaînes fixés au plafond, d’autres effectuaient des moulinets impressionnants avec ce qui ressemblaient à des sabres en bois quand d’autres étudiaient, au creux de leurs mains, la résistance et la consistance de protèges-dents.
Les yeux écarquillés, le regard abasourdi, Antoine, Etienne, Ambre et Thibault découvrirent ce qu’étaient devenus toutes les protections manquantes.
Ils reculèrent d’un pas et virent une pancarte accrochée à la partie supérieure de la porte :

SERVICES DES TESTEURS
EQUIPEMENTS ET PROTECTIONS


Les quatre camarades se regardèrent pour la énième fois et se mirent à glousser le plus silencieusement possible. C’est alors qu’Antoine remarqua sa Coupe de Championnat Junior de Taekwondo, posée sur une étagère, à l’abri du moindre coup. Il afficha un sourire réjouit et se tourna vers les autres.
 — On retourne dans notre compartiment ?
Les trois autres haussèrent les sourcils.
 — Et ton machin ? lui lança Etienne, consterné.
 — Lequel ? demanda Antoine, un large sourire sur les lèvres.
Puis il passa devant eux et gagna le quatrième compartiment.
Etienne, Ambre et Thibault se dévisagèrent avant de partir à sa suite.
Puis les quatre camarades finirent le voyage dans leur même cabine, parlant d’eux et de leur passion pour l’art martial en tout genre. C’est, par ailleurs, à ce moment qu’on apprit que Thibault avait, lui aussi, été poursuivi par le chien qui s’en était prit à Ambre.

Après trois heures de voyage, le train s’immobilisa. Les quatre adolescents regardèrent tous par la fenêtre de leur compartiment. Ils étaient dans une gare déserte au beau milieu des montagnes, des Alpes. Alors qu’ils étaient penchés sur le paysage, quelqu’un entra dans la cabine et lança quelques bouts de chiffons.
Ils se retournèrent tous. Un jeune homme d’une vingtaine d’année les regardait.
— Enfilez moi ça, les jeunes. Ce sont les vêtements de la Maison.
Ils ramassèrent les kimonos brodés de divers insignes et les enfilèrent. Mais, alors que le jeune partait en distribuer d’autres, Ambre, la jeune fille, l’appréhenda.
— La Maison ? Nous ne sommes pas dans une gare pour l’instant ? s’enquit-elle.
Le jeune homme affichait un large sourire puis secoua la tête désespérément.
— Qui crois-tu assez fou pour monter dans un train l’amenant aux sommets des Alpes, mis à part les internes de notre école ?
— Personne d’autres n’a emprunté ce train que les futurs élèvent de l’école ? demanda Antoine, intrigué.
— As-tu noté que le train s’était immobilisé quelques fois ? poursuivit le jeune homme.
— Euh, non. Je crois pas.
Le distributeur de kimonos sourit de nouveau.
— Ce qui veut tout dire.
Il s’éclipsa.
Les quatre camarades observèrent leur kimono semblables à ceux du Karaté mais à la veste allant jusqu’aux pieds et brodés du sigle, en gros et dans le dos, ANCESTRAL
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:29

CHAPITRE 4
UN ÉTRANGE DISCOURS



Les passagers de la ligne Alpes’Discovery sont priés de quitter le train, prévint une voix monotone dans l’interphone accroché sur les parois usées du couloir du TGV délabré. Elle avait beau ne faire qu’un seul et unique arrêt, cette ligne était comme toutes les autres : passagère. Mais d’un bien étrange passage, toutefois.
Le brouhaha des pas des occupants du Alpes’Discovery résonnait dans tout le vétuste transport, indiquant aux quatre jeunes camarades de les imiter. Traînant leurs lourdes valises, en file indienne, ils avancèrent vers la sortie. C’est alors qu’ils le sentirent.
Le souffle frais des hauteurs leur effleurait le visage et engourdissait leurs membres, préalablement maintenus au chaud par la température de leur cabine. Une petite passerelle reliait le TGV au quai, facilitant le passage des bagages. En empruntant ce petit pont, les quatre compagnons remarquèrent la singularité de la gare. En plus de se trouver en plein milieu des hautes montagnes, elle était d’une construction étrangement simple. Un sommaire préau couvrait les arrivants des intempéries et seul un quai, suivant les rails, avait été construit. En réalité, cela n’avait rien d’une gare classique mais plutôt d’une sorte de petite cour abritée. Les murs latéraux du préau étaient presque aussi blancs que la neige des montagnes environnantes, qui d’autre part faisait tourner la gare d’Alpes’Discovery au ridicule.

Ayant enfin atteint le sol ferme, Antoine, Etienne, Ambre et Thibault se regroupèrent vers la masse des nouveaux arrivants, sous ce qu’ils identifiaient comme étant un toit. Ils purent aisément remarquer que, bien qu’étant en Septembre, l’air était glacial. D’ailleurs, certains étaient frigorifiés avec leur simple tee-shirt sur le corps. C’était aussi le cas d’Etienne, Antoine, Thibault et …Ambre. Tout le monde sauf quelques exceptions, en réalité. S’ils avaient prévus que la gare était aussi haut ils n’auraient probablement pas omis de mettre un vêtement chaud. Mais de toute manière ils n’avaient aucun moyen de s’en douter, et ils n’étaient pas encore au bout de leurs surprises.
Plusieurs personnes, environ du même âge que leur distributeur de kimono, s’étaient réunies en ligne devant les petits nouveaux.
Aucun d’eux ne faisait de mouvements, on aurait dit des statues de pierre… ou plutôt de glace !
Soudain, une autre personne arriva. Vêtue d’un long manteau en laine blanche, elle dépassa les dix jeunes gens en ligne. Tous la saluèrent en penchant leur buste vers le sol. Une réaction assez inattendue même pour des amateurs d’Art Martial. Mais, après tout, ils avaient presque tous conscience qu’ils s’étaient embarqués dans une affaire de dingue. Quelques uns imitèrent les dix distributeurs de kimono tandis que d’autres hésitèrent. Finalement tout le monde fit de même. C’était assez drôle, ou plutôt intrigant, d’assister à une scène pareille. Pratiquement soixante personnes avaient effectué le même geste, dans les mêmes habits et au même instant.
Le nouveau venu salua enfin, à son tour, sans aucune parole prononcée, pour le moment.
Mais lorsqu’il se redressa et observa la foule amassée devant lui il leva une main, drôlement blanche.
— Ne vous a t-on jamais apprit à vous aligner ? dit-il finalement d’une voix à la fois décontractée et spontanée.
Panique totale ; comme on pouvait s’y attendre. Les jeunes étudiants et récents lycéens étaient prit au dépourvus. Malgré les petits gestes discrets des distributeurs de kimono, derrière l’homme à la veste en laine, les jeunes mirent du temps avant de se disposer en six parfaites lignes de quelques dix personnes, identiques à la ligne des distributeurs de kimono. L’homme à la veste blanche applaudit enfin les élèves puis reprit la parole.
— N’est-ce pas mieux ainsi ? annonça t-il sobrement.
Il y eu quelques réponses inaudibles ce qui fit sourire le type.
— Dîtes moi, avez-vous froid ? demanda t-il presque ironiquement, mettant en valeur son épaisse veste en laine.
Certains des futurs élèves de l’académie, particulièrement sans-gêne, manifestèrent leur mécontentement, sans se douter de la réponse de leur interlocuteur.
— Il faudra pourtant vous y habituer. Et vous n’êtes pas près de quitter ces lieux une fois dans l’école. Mais peut-être certains ont-ils envie de nous quitter avant de débuter l’aventure ? exposa t-il comme si cela lui était insignifiant.
L’homme, d’une puissante carrure malgré une taille peu prestigieuse, possédait une fine moustache noire sous son nez aquilin. L’effet qu’il produisit de nouveau sur la foule les intimidait. Comme il s’en doutait, personne ne répondit. Bon signe.
— Nous pouvons alors commencer les présentations dans de bonnes conditions. Je suis le Maître Za, co-administrateur de l’académie des Art Martiaux et Conseiller Principal de l’Éducation, en plus, bien sûr, d’être professeur de Kendo, Ken-Jutsu, Iaido et Batto Do, par exemple. Maintenant je vais vous expliquer le déroulement de la journée. Il est 14h12, et il vous faudra pas loin de 40 minutes de marche intensive pour rejoindre l’école. Vous partirez par ligne afin de faciliter le trajet et pour que les encadrants vous guident sans difficulté vers nos édifices. Après cela vous rejoindrez, encore par groupe, une salle que vos encadrants auront désignée et, un par un, vous fixerez les Arts Martiaux que vous privilégiez plus que d’autres. Ils vous seront enseignés par dessus la liste des Arts prédisposés dans votre emploi du temps, emploi bien garni d’autre part. Par la suite nous vous intégrerons à une classe et vous visiterez les lieux importants de l’académie. Enfin, je vous attendrais tous ce soir, à 18h, pour vous distribuer la clé de vos dortoirs respectifs. Sur ce, à bientôt et bonne route !

Le maître Za les salua puis fit volte face. Alors qu’il s’évadait par les barrières façonnant la limite de la gare, il se retourna une dernière fois vers ses nouveaux élèves.
— J’allais oublier ! Une fois devant les murs de l’école, déposez vos valises. Nous vous avions précisé de mettre vos noms, ça a du être fait !
Puis il partit pour de bon.
Les encadrants se regardèrent un instant.
— La première ligne, suivez moi ! intervint l’un des jeunes distributeurs de kimono.
Ceux qui constituaient la première ligne, constituée de dix élèves, s’avancèrent vers le jeune homme. Ils se mirent ainsi en marche et partirent à l’ascension du sentier. Puis se fut le tour de la deuxième, et de la troisième etc. jusqu’à la dernière ligne patientant encore dans le froid, leurs valises à la main.
— Il faut toujours être parmi les derniers ! fit remarquer Antoine, qui était accompagné d’Etienne, Ambre et Thibault, avec une pointe de sarcasme.
Ces derniers rirent en silence. Voilà la sanction naturelle de ceux qui restaient pour admirer le paysage au lieu de sortir du train dès l’arrivée.
— Et vous avez de la chance ! objecta le distributeur de kimono qui leur avait donner leur veste, dans le train.
D’ailleurs ce dernier avait quitté la gare, dans un ronflement époustouflant, entre le premier et deuxième voyage des lignes d’élèves en direction de l’école.
Suite à la remarque de leur encadrant, Antoine secoua la tête, peu convaincu.
— Pourquoi ça ? s’enquit Etienne, tracassé.
Le jeune sourit.
— Vous n’imagineriez quand même pas que le sentier soit aisé, si ? Parce que ce n’est pas le cas, pas du tout.
— Vous voulez nous faire peur, non ? intervint Ambre, entre Antoine et une fille de son âge.
Le jeune se posta devant elle.
— Pas le moindre du monde ma chère. Le sentier est difficile et vous allez vite vous en rendre compte. C’est un simple commentaire, rien de plus. Ensuite, pour répondre au blondinet, vous avez de la chance d’être les derniers à vous lancer sur le chemin puisque ceux de devant doivent respecter une certaine cadence afin de ne pas ralentir les lignes suivantes. Vous, vous n’avez pas cette contrainte en étant les derniers.
— Bonne nouvelle, je suis crevé ! lança un des élèves de la dernière ligne.
Le jeune homme encadrant porta sa main à son menton, scrutant ce garçon d’un regard intense.
— Cependant, comme j’ai envie de me dégourdir les jambes efficacement, je veillerai à ce que vous y alliez au pas de course ! répliqua t-il joyeusement.
— C’est une blague ? demanda Antoine. Si oui, elle est pas drôle. À vingt ans ont est si nul ?
Le jeune se mit à rire de bon cœur.
— En effet, et toi tu es un bon comique ! Bon puisqu’il en est ainsi, toi, tu parts en courant pendant qu’on te suit tous en marchant !
Ces propos suscitèrent une flambée de rires, ce qui ridiculisa promptement Antoine.
— Tu vois que je suis drôle ! Au fait, si ça vous intéresse moi c’est Julien, ajouta t-il finalement.
Certains lui serrèrent la main, tous sauf Antoine. Julien avait remarqué son comportement enfantin cependant il ne jugea pas utile de le taquiner à nouveau. Il aurait, de toute façon, bien d’autres occasions.
— Vous êtes prêt les jeunes ? Parce que c’est à nous !
On pouvait aisément entendre des « Quand faut y aller ! » ou des « Ouais, prêt pour l’ascension du Mont Everest ! »
Tous suivirent le guide.
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:30

CHAPITRE 5
LE SENTIER


Le petit groupe dépassa les barrières de la gare faisant face au sentier. Les lycéens pouvaient maintenant apercevoir clairement le début sinueux et effrayant du petit chemin qui perçait la roche. Puis il se perdait au loin, dans un labyrinthe de rochers et de brouillard. Tout autour d’eux, les montagnes semblaient fières, puissantes. Leurs cols et leurs crêtes les surveillaient en silence depuis les hauteurs inatteignables. C’était dans ce genre de situation que l’on se sentait plus petit qu’un grain de sable.
La roche, sous leur pied, semblait prête à accueillir des avalanches et les neiges éternelles des hauts sommets n’avaient pas encore déclinées l’offre. Toutefois, elles dormaient encore paisiblement sur cet immense lit blanc.
Ils amorcèrent le sentier, tassant quelques cailloux sous leurs baskets et traînaient, confiants, leurs lourdes malles. Pour le moment ils étaient tous plus ou moins enthousiastes. Le fait d’avoir déjà fait connaissance avec quelques uns leur donnait l’impression d’être plus à leur aise. Une chose importante dans un pareil moment de solitude qu’était la randonnée pédestre.

Parfois ils avaient la chance de rencontrer quelques fleurs magnifiques aux abords du sentier, que le guide leur présentait. Mais la plupart du temps, ils étaient bien plus occupés par leur grimpée plutôt que par la flore des Alpes.
Ambre s’approcha de Julien, leur encadrant.
— On enseigne beaucoup d’Arts Martiaux ici ? questionna t-elle, intéressée.
Julien ne diminua pas la cadence mais prit le temps de lui répondre.
— Dans cette académie on enseigne tous les Art Martiaux ! Vous le verrez en histoire mais il y en a des centaines ! certifia t-il, quasiment passionné.
Ambre en resta bouche bée.

Certes quelques Arts Martiaux mais… Tous ? Pour sûr, elle allait mettre les pieds dans une école bien différente de celle qu’elle avait prévue au départ.
En effet, si elle avait fait une demande d’entrée pour ce lycée-ci c’était surtout pour son père, plus que pour elle-même. Habitant le Jura, en Franche-Comté, Ambre avait toujours connu le Karaté. Son père était un grand champion de France, et s’occupait à part entière d’un club, dans le village où résidait la jeune fille. Si elle était entrée dans ce club à sept ans, c’était pour faire plaisir à son papa. Elle n’avait jamais vraiment osé arrêter ; de plus, le Karaté entretenait sa forme physique. Ce qui était assez important pour une fille de son âge. Mais lorsqu’elle obtint le brevet, sa mère s’opposa à la faire entrer dans un lycée d’enseignement général classique car, de toute évidence, elle ne pourrait plus vraiment ce consacrer au sport, et son père aurait été déçu. C’était pour cette raison qu’Ambre se trouvait sur ce sentier paumé en haute montagne.
— Il n’y a pas vraiment de préférences ici. En fait on enseigne librement. C’est pour ça que notre académie est unique, ajouta Julien, sortant Ambre de ses pensées.

Ajoutée à la fatigue, l’envie de voir enfin cette école tant glorifiée, rendait l’escalade d’autant plus terrible. Depuis vingt minutes ils marchaient et marchaient encore. Le brouillard les isolait de tout, même du paysage montagnard.
— J’en peux plus, il est nul ce sentier à la con ! déclara, officiellement, Antoine.
Julien, plus en amont que ses randonneurs préférés, revint le voir, exaspéré.
— Tu n’as pas cessé de te plaindre jusqu’à présent ! C’est quoi ton problème petit ?! Tu crois que, comme je suis jeune, je laisse tout passer ? C’est pas le cas mon gars. Ici on est là pour bosser dur et le sport fait partie intégrante de notre éducation. Si tu n’es pas fais pour ça tu aurais du partir lorsque Maître Za en a fait la remarque ! sermonna le guide, agacé par le comportement insolent d’Antoine.
— Oh, ça va ! Le sport, ça me connait. Je paries qu’en me battant avec toi en duel je te gagne au la main ! s’emporta Antoine, ne constatant pas encore son erreur, étant plus focalisé sur un moyen de prouver à Julien qu’il était fait pour le sport, né pour en pratiquer.
Julien ferma les yeux puis secoua la tête.
— Il n’est pas de coutume de refuser un duel dans cette académie. Je te donne rendez-vous demain matin à 7h00 dans le dojo Est. On passera devant lors du repérage des lieux, que j’effectuerai moi-même !
Cette fois-ci Julien n’était pas exaspéré mais plutôt compatissant dans le sens où il savait qu’Antoine allait être humilié si des spectateurs imprévus arriveraient à ce moment. Néanmoins Julien ne préviendrait personne de ce combat d’entrée ou plutôt de rentrée, puisqu’il s’agissait encore de la rentrée des classes. Le guide n’avait jamais eu un mauvais esprit, surtout pas au point de ridiculiser un élève devant tout le monde. Il était passé par là lui aussi donc, par conséquent, il savait que ça ne se faisait pas. Par contre, pour Antoine, ce serait certainement moins évident. Il conviera probablement ses petits camarades. Tant pis pour lui. Quand Antoine aura compris que chaque interne de cette école était plus doué que n’importe quel autre amateur d’Art Martial, il aura bien progressé.
Julien fit demi tour et reprit la marche au milieu des caillasses et autres obstacles naturels.
— J’ai connu beaucoup de fauteurs de troubles mais aucun n’a déniché des ennuis dès la première demi-heure, lui annonça solennellement Etienne qui marchait à ses côtés.
Antoine était légèrement troublé par ce qu’il avait déclenché. Il lui faudrait certainement quelques temps avant de comprendre qu’il venait de faire une terrible idiotie, et puérile par-dessus le marché.
— Tu vas pas t’y mettre aussi quand même ! bougonna le jeune lycéen.
— C’était simplement une remarque comme ça, répondit amicalement le garçon blond.
Antoine grommela et se justifia sans perdre de temps.
— C’est pas ma faute si j’ai l’esprit de compétition, avoua t-il.
Une jeune fille qui le suivait se mêla à la conversation. Après tout, il avait offert un beau spectacle aux neuf camarades de son groupe de marche.
— Il n’y a pourtant pas que la compétition dans l’Art Martial, fit-elle observer librement.
Elle devait être à peu près de sa taille, blonde, des cheveux longs et des yeux noisette, similaires aux siens. Alors qu’Antoine allait rappliquer, Etienne l’en empêcha.
— Elle a raison, moi j’ai également fais du Karaté et du Aïkido pour l’esprit et la culture. C’est, je pense, une part importante ou primordiale de l’Art Martial.
Julien, tout en avançant, écoutait la conversation des jeunes lycéens et fut agréablement surpris par la réaction des deux blonds : Etienne et une fille nommée Ludivine d’après l’étiquette de la valise qu’elle tirait derrière elle. Ils promettaient d’être bien à leur aise à l’académie.

Comme il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire, parler était un moyen de faire passer le temps et la fatigue.
— Moi j’en fais surtout pour mon père, dit alors Ambre qui avait bien mal au bras. Et pour entretenir ma forme et ma ligne, compléta t-elle.
Il y eu quelques hochements de tête.
— J’en fais car ça m’aide beaucoup, annonça Thibault qui n’avait pas prononcé de mots depuis le voyage en « TGV ».
Ambre, intriguée, osa lui demander des détails plus précis, si toutefois ce n’était pas trop indiscret. Malgré l'acquisition d’une teinte de jeune tomate, Thibault lui répondit, puisant dans ses exercices le courage de parler directement à une fille ordinaire.
— J’ai perdu mes parents quand j’avais cinq ans. Je vis dans un orphelinat depuis dix ans et l’Art Martial m’aide à mieux accepter tout ce que ça fait peser sur moi, dit-il, hésitant.
Ambre ne savait pas quoi dire, elle était gênée d’avoir demandé ça. Maintenant ce garçon l’avait émue.
— Désolé vieux, répondit poliment Etienne comme pour dire ce qu’Ambre n’avait pas pu.
Thibault baissa la tête, se demandant encore comment il avait pu révéler une chose pareille sans vaciller.

Ils parlèrent encore un peu jusqu’au moment où le brouillard se dissipa. Julien était debout sur un rocher.
— Qu’y a-t-il cher guide ? demanda Ambre, peu complexée par la suite de la ballade.
Le paysage révélé était somptueux. Ici, plusieurs crêtes basses formaient un cirque de pierre. Un spectacle époustouflant. Autour de chaque structure rocheuse se trouvaient de vastes plaines vertes peuplées de nombreuses fleurs, et derrière encore se trouvaient les neiges éternelles au sommet des hauteurs vertigineuses. Cependant, parmi les crêtes, quelque chose attira l’attention des jeunes lycéens.
— Vous voyez l’éperon rocheux au centre des crêtes ? demanda Julien.
— Celui qui se perd dans les nuages ? s’enquit un des garçons du groupe.
— Tout à fait ! Ce ne sont que des nuages bas, malgré notre altitude différente de vos précédentes écoles, mais c’est vrai que ça intrigue n’est-ce pas ? On dirait, vous savez, comme une montagne fascinante et dangereuse dans les films, observa le guide, pointant l’immense cône de pierre.
Les dix camarades ne voyaient pas vraiment où il voulait en venir.
— C’est sûr que c’est beau, répondit un lycéen.
Julien se mit à rire.
— Ça fait une bonne demi-heure qu’on marche, toujours aucun signe de l’école. Que croyez-vous que ces nuages nous caches ? répliqua t-il spontanément.
— Ne me dîtes pas que c’est notre lycée ? redouta la jeune lycéenne, Ambre, légitimement perplexe.
— À ton avis ? répliqua Antoine.
ANTOINNNNE ! avisèrent la quasi-totalité des membres du groupe.
Julien, le guide, sourit.
Maintenant que le guide l’avait dit, cette école au sommet d’une montagne nuageuse rappelait un Temple Shaolin, au Tibet. Peut-être était-ce cela qu’avait voulu dire Julien, antérieurement.
— Par contre, ce n’est pas tout. En dessous de nous, plus loin sur le sentier, il y a un pont de pierre. Votre premier cours d’Art Martial, enfin si on veut, prévint Julien.
Les camarades se regardèrent. Aucun d’eux ne se connaissait vraiment, mis à part, peut-être, Antoine, Etienne, Ambre et Thibault qui avaient fait connaissance dans le TGV d’Alpes’Discovery, mais tous reconnaissaient au moins le doute qui occupait une bonne part de la pensée de chacun, à cet instant précis.
— Ce n’est pas qu’un simple pont je suppose, annonça Antoine, comme pour demander ce que tous avaient en tête.
Le guide secoua tristement la tête. Mauvais signe.
— Non, pas du tout. Enfin, disons qu’il possède une particularité qui fait sa spécificité. Vous comprendrez lorsque vous le verrez de vos propres yeux dans quelques secondes.
— Pourquoi n’auraient-ils pas pu construire l’école à côté de la gare ?! remarqua Antoine.
— Justement pour que tu poses cette question ! Le ton qu’avait employé Julien n’était pas dédaigneux mais particulièrement enchanté.
Une fois de plus il fit taire Antoine, pauvre enfant.

Le pont se trouvait en réalité juste en dessous d’eux. Ils n’avaient eu qu’à descendre quelques marches improvisées dans la roche pour atterrir devant le fameux pont. Effectivement il était spécial. En fait, il était assez subtil de le considérer en tant que tel. Il y avait en effet un morceau qui rappelait une jolie passerelle de pierre, mais pour le reste... La partie du pont où ils se tenaient les onze randonneurs était séparée de l’autre moitié par trois mètres avec, en dessous, un ravin spectaculaire. Sans parler de la forme acérée de la deuxième partie du « pont », qu’on aurait volontiers surnommé « Pont du Diable » pour ces multiples raisons.
— Vous voulez qu’on passe par là avec nos valises ? s’épouvanta Ambre, les yeux rivés sur le guide.
Thibault mit sa main à son front tandis que d’autres reculaient du pont.
— On n'est pas venu ici pour mourir avant d’être entré dans l’école ! rappela un des lycéens.
— Personne n’est jamais mort ici, et ce n’est pas ma faute si on a fait tomber un bloc du sommet de l’école qui écroula le pont, par le passé, répondit Julien, au bord de l’exaspération.
Il regarda un à un les étudiants.
— Il n’arrivera rien si vous suivez mes conseils. Ce n’est qu’un simple saut. Si vous êtes effrayés par ça c’est que vous ne vous doutez pas un seul instant de ce que peut être l‘intensité de nos entraînements ici !
Les étudiants se fixaient du regard, jaugeant leurs volontés.
— Allez-y Julien, lança Etienne, déterminé.
L’encadrant les salua.
— Tout ce que vous avez à faire c’est de sauter, un à un, lançant vos bagages tout d’abord. Je sauterai le premier afin de montrer la méthode et récupérer les premiers bagages. Après je retournerai de ce côté-ci, s’il y a des problèmes.
Ils hochèrent la tête, concentrés. Après tout, dans n’importe quel Art, on enseignait cet état d’esprit et on savait l’utiliser à bon escient.
— Allons les jeunes, c’est une bonne méthode pour se mettre en forme afin de comprendre ce qu’est un entraînement intensif chez nous, rassura le jeune homme.
Il se retourna, fixant l’autre extrémité du pont, puis regarda en bas et leva la tête afin d’examiner là où il désirait atterrir. Enfin, il couru sur le pont et se propulsa, d’une détente impressionnante, jambes vers l’avant. Il atterrit de l’autre côté, sain et sauf. Bien entendu.
— Pensez à donner une forte impulsion à votre saut et pliez votre corps en deux, lorsque vous serez en l’air, les bras et les jambes me faisant face en formation de croissant de lune !
Il avait de la chance, il était déjà de l’autre côté, lui.
Ce fut Antoine qui allait se précipiter de l’autre côté en premier, pour prouver à ses camarades qu’il n’était pas seulement qu’un perturbateur. À moins que ce n’était pour montrer à Julien qu’il n’avait pas peur. Qu’importe !
— Ta valise Antoine !
Antoine recula de deux pas du pont, la valise dans les bras. Sans préavis, il courut sur la passerelle et jeta sa malle en direction de Julien. Ce dernier la récupéra sans bavure. Opération réussie !
— Ta valise t’attend Antoine, lui dit Julien depuis l’autre côté.
— Ben elle va attendre deux secondes ! Elle n’avait pas à sauter elle.
Il inspira un bon coup puis prit du recul. Brusquement il se précipita sur le bout de pont et, séance tenante, arriva de l’autre côté. Julien l’aida à se remettre debout.
— Vous voyez, ce n’est pas bien compliqué ! affirma Julien. Allez, pressez-vous !
Deux garçons arrivèrent de l’autre côté, leur malle avant eux. Tous avaient la chance de posséder une musculature suffisante. Mais ce n’était pas le cas de tous.
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MessageSujet: Re: ANCESTRAL   Sam 23 Déc - 6:30

Lorsque Thibault dû sauter, son impulsion ne fut pas suffisante. Il ne faisait pas un Art Martial très physique, mais beaucoup plus psychologique. Il n’était pas vraiment préparé. Peut-être était-il enfin conscient de son erreur. Il aurait du rester à l’orphelinat, il le savait.
Thibault manqua de percuter la pointe acérée du « Pont du Diable ». Il eu juste le temps de se récupérer d’une main faible au pont, au dessus du vide. La réaction de Julien fut éclaire. Il se projeta vers Thibault et d’une étreinte puissante, le ramena immédiatement au sol. Julien resta devant Thibault, le regardant dans les yeux.
— J’espère que tu vas mieux t’en sortir à l’avenir, mon gars. C’est vraiment dur ici, le prévint-il. Il posa une main sur l’épaule du jeune lycéen puis attira son attention sur les autres élèves, bloqués de l’autre côté.
Thibault hocha la tête, un peu perdu au milieu de ses pensées. Tout le monde l’avait vu échouer son saut. Il passa derrière Julien, qui était finalement resté du côté école.
Ambre alla voir le jeune lycée maigrichon avec d’autres filles.
— Ça va aller Thibault ? lui demandèrent t-elle intriguées.
En plus d’être mal à l’aise devant des filles, Thibault n’aimait pas du tout être réconforté par elles. Il avait alors l’impression d’être pire qu’une mauviette, une sorte d’enfant dont les filles voulaient s’occuper. Mais il hocha toutefois la tête.
Y’en a toujours que pour les autres, pensa Antoine, à côté d’eux.
Il restait seulement Etienne et un autre type de l’autre côté.
— Ta valise, mon gars !
La voix semblait tellement éloignée, c’était surréaliste. Le garçon roux hésita, puis il se décida.
Puisant dans le courage qu’on lui avait inculqué, il lança sa malle vers Julien et sauta à sa suite. Les jambes en avant, le torse penché, il arriva un peu en catastrophe de l’autre côté, mais sain et sauf également.
Etienne s’approcha du vide. Il n’exprimait pas le besoin de s’éloigner pour jeter les bagages à son guide. Il propulsa sa valise vers Julien mais derrière lui, imprévisiblement, un jeune garçon fit tomber une autre valise qui finit sa course contre les jambes du guide. La réaction fut instantanée. Alors que la valise d’Etienne arrivait vers Julien, celle qui l’avait percuté violemment le fit basculer. Dos sur le sol il constata qu’il avait manqué de peu la valise d’Etienne, mais il l’avait manqué !
La valise du jeune karateka tomba dans le précipice. Julien sauta à sa suite, aussi vite que le bagage avait chuté.
Audacieusement il se laissa tomber dans le vide.
Tous se penchèrent pour voir leur jeune guide basculer en enfer, croyant que tout était finit.

Julien, dans sa chute vertigineuse, avait récupéré la lourde valise d’une seule main et s’était accroché de l’autre à la paroi rocheuse du ravin. Cinq mètres d’hauteur le séparaient de ses élèves. La douleur perceptible de son bras gauche, agrippant la paroi, lui fit rappeler qu’il ne pourrait sans doute pas rester trop longtemps, suspendu au dessus du gouffre sans fin visible dans cette brume épaisse.
Julien ! crièrent d’une même voix la quasi-totalité des jeunes lycéens, affolés.
Celui qui avait maladroitement, mais involontairement, heurté la valise, se mit accroupi, les mains sur la tête, conscient de sa monstrueuse bêtise. C’était une circonstance de solitude insoutenable. Ce garçon se demandait si ce qu’il venait de causer, malgré lui, n’était pas bien plus épouvantable que la remarque d’Antoine. La réponse était pourtant tellement évidente.
— Je vais lancer la valise dans votre direction, soyez prêt ! prévint Julien, toujours accroché d’une seule main, une fin silencieuse perdue, loin, sous ses pieds.
Etienne regardait la scène depuis son angle, sur le bord opposé. Il aurait aimé apporter son aide pour la récupération de sa valise, mais il était tétanisé de l’autre côté. Il n’avait pas peur pour sa valise mais pour Julien. Ce dernier lança un signal et balança puissamment la malle, portant les lettres E-T-I-E-N-N-E suivies de son nom de famille, loin au dessus de sa tête.
Mais personne n’avait pensé à attribuer le rôle de celui qui attraperait la malle. Forcément la récupération ne fut pas d’une très bonne organisation. Elle fut d’ailleurs très mauvaise.
Trop de lycéens s’étaient précipités sur la valise, si bien que, finalement, aucun d’entre eux ne pu l’attraper. Tout cela pour que Julien voie la valise retomber dans le vide, devant lui, sans qu’il ne puisse rien faire. Il ferma les yeux un instant, puis remonta la falaise et ses élèves l’aidèrent à se remettre sur pieds.
— La prochaine fois soyez un peu plus préparé, c’est un bon exemple de ce qu’il faut commencer à apprendre, commenta Julien, les mains sur ses genoux, reprenant son souffle.

Etienne avait vu sa valise chuter vers le ravin. Il n’avait plus aucun effet personnel maintenant. Ses pensées étaient assez mitigées. Mais on lui rappela qu’il avait un saut à effectuer. Il ne fallut pas longtemps avant de retrouver Etienne auprès des autres.
— Désolé pour ta valise Etienne, j’ai fais ce que j’ai pu, déclara Julien, un bras autour des épaules d’Etienne.
Ce dernier ne su quoi répondre. Dans tout les cas il était reconnaissant à Julien pour la prise de risque époustouflante, en revanche, il n’avait plus rien ; mis à part son sac à dos. Mais ce n’était certainement pas à cause du guide.
— Je la récupérerai ce soir, lui indiqua finalement Julien.
— Je peux accompagner, si vous voulez, lui dit Etienne, volontaire.
Julien secoua la tête puis annonça la reprise de l’ascension. Le plus dur avait été fait et ce n’était pas une simple mais forte montée qui allait découragée les membres du groupe, après tous ces efforts.

Il ne leur fallut qu’un quart d’heure avant de gagner le sommet et traverser les nuages bas qui cachaient des yeux l’école de toutes les paroles. Le sentier s’était transformé en une belle allée au sol sablé entouré de nombreux arbres centenaires. Une imposante structure de pierre soutenait un colossal portail qui était ouvert. Une enseigne y était solidement fixée. Sur cette dernière on pouvait lire en lettres noires, parfaitement bien conservées : ACADÉMIE ANCESTRAL.
L’école leur faisait enfin face, ils allaient pouvoir pénétrer dans ce qu’ils attendaient depuis plus de quarante minutes, voire depuis toutes les vacances d’été. L’académie des Arts Martiaux, tant promise, leur était enfin offerte après tellement d’efforts.
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