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 La Création du Monde

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Orfactel
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Date d'inscription : 23/12/2006

MessageSujet: La Création du Monde   Dim 24 Déc - 5:30

La Création du Monde


Au commencement du monde, il n’y avait qu’un chaos de formes confuses et d’êtres terrifiants. Mais la vie était là, et tout l’univers allait en découler. Du Chaos naquirent le Ciel et la Terre, Ouranos et Gaïa. Ils s’épousèrent, eurent des enfants, et se querellèrent. Parmi les Titans et les Géants qu’ils engendrèrent, leur petit-fils Atlas osa se révolter contre leur autorité. Il fut condamné à soutenir éternellement la voûte du Ciel sur ses épaules, agenouillé au sommet d’une haute montagne qui porte encore son nom : l’Atlas.
Immenses et effroyables, Cronos et Rhéa, fils et petite-fille de Gaia et d’Ouranos, se marièrent et dominèrent le monde. Ils n’étaient à l’origine que des monstres, doués de pensée, dont la forme défiait toute description. Cronos lui-même, le plus jeune des Titans, était le Temps. Son aspect à demi-humain dissimulait une cruauté implacable. Rhéa et lui eurent d’abord cinq enfants. Ce furent les premiers des dieux, les Immortels. Ils allaient devenir tout-puissants dans l’esprit des Grecs.
Leurs noms étaient : Déméter, déesse du blé et des terres fertiles ; Héra, déesse du mariage et de la naissance des enfants ; Hestia, déesse du foyer et de la maison ; Poséidon, dieu de la mer ; Hadès, dieu du royaume des Morts. Enfin Zeus, le dernier-né, dieu suprême du monde, devait régner, armé de la foudre, sur le ciel et dans les airs.

Avant leur naissance, Gaia avait prédit à Cronos que l’un de ses enfants le détrônerait un jour et gouvernerait le monde. Aussi, dès qu’ils naquirent, Cronos avala ses cinq premiers enfants. Mais Zeus fut sauvé par sa mère et, après une longue lutte contre son père, parvint à le vaincre. Il l’enferma dans le Tartare, qui était une prison d’airain bien au-dessous des ténèbres du royaume des Morts. Zeus rendit d’abord la vie à ses frères et sœurs. Puis il partagea avec eux l’empire du monde.
Zeus choisit d’habiter sur le mont Olympe, situé dans le nord de la Grèce. Le sommet en est presque toujours caché par les nuages, et ses pentes escarpées le rendent inaccessible. Zeus décida ensuite de mettre de l’ordre sur la Terre. Il demanda à Déméter d’y faire croître des arbres, des fleurs et de la verdure ; il chargea Poséidon de veiller sur la mer.
Au commencement, la Terre fut un véritable paradis : les dieux firent des premiers hommes une race privilégiée. Le mal et la douleur leur étaient inconnus. Ils n’avaient nul besoin de travailler : Ils n’avaient nul besoin de travailler : ils vivaient dans un perpétuel printemps, où tous les fruits étaient toujours mûrs. Ils ignoraient la fatigue, pouvaient jouer et danser aussi longtemps qu’ils le désiraient. Ils ne se querellaient jamais, ne vieillissaient pas, n’étaient jamais malades. Lorsqu’ils devaient mourir, ils s’endormaient simplement et ne se réveillaient pas.
C’était l’Âge d’Or.

Après leur mort, tous les hommes de cette époque devinrent des esprits, errant autour de la Terre, et préservant du mal les hommes et les femmes des générations suivants. Ils surveillaient leurs actions, tantôt les récompensant, tantôt les punissant, et leur venaient en aide.
Ensuite vinrent les hommes de l’Âge d’Argent, dont le sort ne fut pas aussi heureux. Ils n’avaient pas plus d’esprit ou de sagesse que des moutons. Il leur fallait un siècle pour devenir adulte, mais ils ne vivaient pas longtemps. Ils se battaient sans cesse et désobéissaient aux ordres des dieux. Zeus mit donc rapidement fin à leur existence. Il en fit des esprits du monde inférieur, demeurant dans le royaume des Morts où régnait Hadès.
Zeus fit une troisième tentative et créa les hommes de l’Âge de Bronze. Leur unique plaisir et leur seule activité consistait à fabriquer des armes de bronze, à se battre et à s’entre-tuer. Ils se détruisirent mutuellement et leur race périt. Ils descendirent dans les ténèbres du royaume d’Hadès et tombèrent dans un oubli total.
Mais la quatrième race, qui précéda immédiatement la nôtre, fut celle de l’Âge Héroïque : l’époque où les Immortels n’hésitaient pas à se mêler à la vie des hommes, l’époque de grandes aventures épiques : la Conquête de la Toison d’Or et le siège de Troie.
Lorsqu’il créa les premiers hommes, les véritables ancêtres de la race humaine, Zeus se fit aider par l’un des Titans, mi-homme, mi-dieu. Survivant du règne de Cronos, c’était le bienveillant Prométhée. Il se prit d’affection pour ceux qu’il contribua à former et à instruire. Il avait même pour les hommes plus d’indulgence que Zeus lui-même. Il avait confiance en eux, tandis que Zeus avait hérité, en partie, de la cruauté de son père Cronos. L’immortel devait craindre que ne surgisse, parmi cette nouvelle race, un héros qui le détrônerait, comme il avait autrefois détrôné son père.
Aussi, Zeus refusa de faire don du feu à l’humanité, et ne voulut pas autoriser Prométhée à montrer aux hommes comment l’utiliser. Les mortels de l’Âge Héroïque ne pouvait donc espérer progresser par rapport aux hommes de l’Âge d’Argent. Ils ne pouvaient ni cuire leur nourriture, ni forger des armes, ni façonner les métaux précieux, ni fabriquer de poterie. Prométhée comprit alors que l’humanité ne survivrait pas si ce don du ciel ne lui était pas accordé. Il décida de s’emparer du feu d’Olympe et de le rapporter sur Terre. Mais il n’ignorait pas que son châtiment serait terrible.
Il se rendit donc un soir sur l’Olympe, furtivement, et déroba la précieuse flamme. Il la cacha dans la tige creuse d’un fenouil, où elle conserva dans la moelle. Dès qu’il l’eut ramenée sur Terre, il l’attisa et fit jaillir la première étincelle. Et le merveilleux secret du feu appartint aux hommes : Zeus ne peut pas le leur reprendre.
Prométhée se hâta de montrer les multiples usages du feu aux hommes. Ceux-ci s’acheminaient déjà vers une forme de vie civilisée.

Mais une nuit, Zeus, regardant vers la terre, vit luire au sol mille petites flammes. Il comprit que son secret lui avait était ravi et que Prométhée était le coupable. Du haut de l’Olympe, il fit gronder le tonnerre pour l’en avertir.
«- Titan, tu m’as trahi, dit Zeus avec sévérité. Je t’avais demander d’empêcher les nouveaux habitants de la terre de se servir du feu. Mais tu l’as volé au Ciel pour le leur donner. Sais-tu quel est le châtiment qui t’attend ?
- Je ne t’ai pas trahi, répondit calmement le Titan. J’ai même été plus fidèle que tu ne penses. Un jour viendra où tu aimeras les hommes comme je les aime, et où ils t’adoreront comme un dieu de bonté. Après leur mort, ceux qui auront été vertueux demeureront au paradis que tu leur donneras, dans les Champs Elysées et les Iles de Bienheureux. Maintenant, tu peux me châtier, tu es encore un tyran comme ton père. Mais quand tu seras devenu le véritable roi des dieux et des hommes, tu demanderas à ton propre fils, Héraclès, de me délivrer. »
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Orfactel
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MessageSujet: Re: La Création du Monde   Dim 24 Déc - 5:31

Zeus ne vit là qu’un discours insolent, et il ordonna à la Force et à la Violence d’enchaîner Prométhée au sommet du Caucase, au bord de la mer Noire, à la frontière du monde connu. Au moment où elles l’abandonnèrent, Prométhée leur dit :
« Annoncez à Zeus que je connais l’avenir. Je sais que, comme Cronos, il sera détrôné par son fils. Je suis le seul à pouvoir l’aider à éviter ce sort. Mais je ne ferai rien tant qu’il ne sera pas véritablement un père pour les dieux et pour les hommes. »
Zeus ne ressemblait pas eu dieu dont rêvait Prométhée. En apprenant cette prédiction, il voulut obliger le Titan à lui révéler le moyen d’échapper à son destin. Prométhée de céda pas, même sous la torture. Il ne répondit rien. Zeus envoya alors un monstrueux vautour lui dévorer le foie, qui renaissait éternellement. Mais le Titan ne voulait pas parler. Il savait que Zeus ne pourrait le comprendre qu’après avoir beaucoup souffert. La menace de la trahison de son fils, pensait Prométhée, serait pour Zeus un supplice pire que celui que le vautour lui infligeait à lui-même. Peut être aussi Zeus aurait-il, un jour, honte de sa conduite.
Cependant, Zeus n’avait pas renoncé à faire expier aux hommes le vol du feu bienfaisant.
« Je vais leur faire un don splendide, pensa Zeus. Il sera si beau qu’ils le chériront, mais il leur causera mille malheurs et mille tourments, dans le présente t dans l’avenir. »
Alors, riant aux éclats, le père des hommes et des dieux fit venir les autres Immortels auprès de lui. Il leur donna ses ordres. D’abord son fils Héphaïstos, dieu de la forge et du travail des métaux, façonna une charmante statue d’argile. Elle représentait une gracieuse jeune fille, semblable en apparence aux déesses immortelles.
Puis Athéna, déesse de la sagesse, qui préside au tissage et aux travaux d’aiguille, enseigna à la jeune fille les arts que les femmes doivent connaître. Elle la revêtit de magnifiques vêtements, et la couronna de fleurs. Hermès, le messager des dieux, si vif et si rusé, lui enseigna à parler sans arrêt, à mentir habilement et à déguiser sa pensée. Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, lui donna le charme et la grâce, afin qu’elle inspire de l’amour aux hommes et leur brise le cœur.
Zeus en fut fort satisfait ; après avoir insufflé la vie à cette statue, il lui remit un précieux coffret, en lui recommandant de ne jamais l’ouvrir, sous aucun prétexte.
« Ton nom est Pandore, lui-dit-il, ce qui signifie : « celle qui a tous les dons », car nous t’avons accordé un don. » Zeus faisait allusion aux qualités qu’elle avait reçues, mais il savait que Pandore pendait aux trésors du coffret.
Ensuite, Hermès conduisit sur la Terre Pandore et sa boîte magique. Il les confia à Epiméthée, frère de Prométhée. Epiméthée était devenu un homme comme les autres, insouciant du lendemain. Contrairement à son frère, il ne s’intéressait qu’à lui-même, et jamais aux autres. Prométhée lui avait conseillé de ne rien accepter de la part de Zeus, pressentant qu’il pourrait s’agir d’un piège dangereux pour l’humanité.
« Epiméthée, dit Hermès le messager, Zeus t’as choisi pour être le plus heureux des mortels. Voici Pandore, la première femme : tu seras son mari. Emmène-la dans ta maison, elle t’aimerai, te soignera et te distraira. Emmène aussi la boîte qu’elle porte et prends-en bien soin. Quoi qu’il arrive, ne l’ouvre pas, ne laisse personne l’ouvrir. Il n’en sortirait que des malheurs et des chagrins pour toi et pour toute l’humanité. Surtout interdit à ta femme d’y toucher ! »
Puis, dans un éclat de rire, Hermès remonta sur l’Olympe avec la rapidité de l’éclair, laissant là Pandore et sa boîte magique. Epiméthée était ravi : la fortune lui souriait. Dès qu’il vit Pandore, il en devint éperdument amoureux, et il s’écria : « Je suis vraiment le plus heureux des mortels. Je me sentais si seul et si triste sans femme ! Et maintenant Zeus, notre père, vient de créer les femmes pour que nous les épousions ! Il m’a donné cette créature merveilleuse, la première de son espèce ! »
Epiméthée et Pandore demeurèrent donc ensemble. Les premiers temps, ils furent très heureux. Pandore faisait la cuisine, tissait, nettoyait la maison. C’était une parfaite compagne pour Epiméthée. Mais elle ne cessait de demander à son maris qu’il ouvre la boîte, tant elle était curieuse de voir les trésors qui y étaient renfermés. C’était la seule chose qu’Epiméthée lui refusait. Il lui répétait fermement qu’elle ne devait pas y toucher. Plus il insistait, plus elle brûlait de savoir quelles merveilles les Immortels y avaient déposées.
« Mais elle est à moi, disait Pandore, puisque je suis « celle qui a tous les dons ». Tous les trésors qu’elle contient son pour moi. »
Et elle voyait en imagination des joyeux splendides, des colliers de perles, des ceintures d’or et d’argent, des vêtements de soie tissés de couleurs chatoyantes comme un arc-en-ciel, irisées comme les fleurs de printemps.
Finalement, Pandore fut incapable de résister à la curiosité. Un jour qu’Epiméthée était sorti, elle alla sur la pointe des pieds chercher la boîte magique, brisa le sceau d’argile qui la maintenait fermée, et souleva le couvercle. Il y eu comme un bruissement d’ailes : semblables à un essaim d’abeilles, tous les maux que Zeus avait destinés à l’humanité sortirent de la boîte. Il y avait la Misère et le Dénouement, la Peine et la Faim, la Jalousie et la Méfiance, la Calomnie et l’Envie, et toutes les maladies qui accablent les hommes sans répit.
Epouvantée, consternée, Pandore referma vivement le couvercle. Mais il était trop tard, et tous les malheurs qui nous accablent volaient déjà, invisibles, autour de la Terre, approtant avec eu des milliers de chagrins et de soucis.
Il ne restait plus dans la boîte magique qu’un unique don, le seul que Pandore ait pu conserver, le seul qui puisse aider et réconforter l’humanité. C’était l’Espérance. Sans elle, les hommes perdraient toute confiance et périraient. Mais, même dans les plus grands malheurs, nous gardon l’espérance ; il nous semble toujours qu’après la pluie viendra le beau temps et que la chance triomphera du mauvais sort.

L’avenir est semblable à une boîte magique. L’Espérance nous y attend

(Source : Livre Légendes de la Grèce Ancienne par Roger Lancelyn Green. Editions des deux coqs d'or. Edité en 1970.)
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